parade et reproduction chez les oiseaux

jeudi 15 janvier 2009

PARADE NUPTIALE ET PARADE GUERRIÈRE CHEZ LES OISEAUX



Les parades des oiseaux ont été définies comme " des mouvements, des postures et des bruits, en général d'un type conventionnel, qui ont la faculté de déclencher des réactions spécifiques chez d'autres créatures, particulièrement chez les représentants de la même espèce ". Une telle définition couvre un vaste champ du comportement des oiseaux, mais elle s'applique surtout aux parades plus frappantes liées à la séduction et à l'agression.
le terme de parade nuptiale ou de parade de séduction doit être pris dans un sens très large, car ce genre de parade ne précède pas seulement l'accouplement : l'oiseau s'y livre constamment après que celui-ci a eu lieu et souvent tout au long de la saison des amours. On peut distinguer 2 groupes principaux de parades sexuelles : la parade d'accouplement, et la parade dite d'épuisement de soi ou de formation de liaison. La fonction de la première semble être essentiellement de séduire la femelle, celle de la seconde de renforcer les liens émotionnels unissant les 2 oiseaux, ce qui aide à assurer une synchronisation de comportement, indispensable là où les 2 sexes participent au soin des œufs et des jeunes. il ne fait pas de doute que ces 2 fonctions empiètent l'une sur l'autre. La parade de séduction contribue indubitablement à forger des liens psychologiques entre les 2 pôles du couple, et si les parades de liaison peuvent favoriser des accouplement ultérieurs, il est significatif qu'elles font en général défaut dans les espèces où le mâle ne prend aucune part aux soins des jeunes. les pigeons se livrent à une cérémonie d'accouplement complexe, diffèrent dans le détail pour chaque espèce, mais se manifestant dans les grandes lignes par le comportement suivant : les 2 fiancés se réunissent à l'avance sue l'emplacement du nid futur, et les caresses qu'ils se prodiguent mutuellement sur la tête, les fricassées de becs, les enlacements d'ailes, et les roucoulements menant à une extase apparente, cimentent plus profondément leurs liens psychologiques que l'accouplement même. Le Grèbe huppé ( Podiceps cristatus ) se livre à diverses parades de formation de liaison très frappante. une des plus communes est celle au cours de laquelle les individus des 2 sexes se font face sur l'eau, leur collerette marron étalée et leurs protège-oreille érigés; ils secouent la tête latéralement, d'abord avec lenteur, puis avec une véhémence croissant avec leur excitation, jusqu'à ce que ce mouvement se calme graduellement et que les oiseaux se séparent, en général pour répéter cette cérémonie avec une ardeur renouvelée au bout de peu de temps.
Au cours de la parade de séduction, le mâle peut se montrer très actif et la femelle ne manifester que peu d'intérêt apparent, ou bien elle peut ré"agir activement en extériorisant sa soumission. Chaque degré intermédiaire existe entre ces comportements extrêmes- en particulier chez les canards - on peut dire que le premier type de comportement de la femelle se produit surtout dans les espèces où les sexes diffèrent considérablement d'aspect, et le second dans les espèces où les 2 sexes se ressemblent.Le Faisan doré constitue un bon exemple du premier type. Cet oiseau est originaire des coins les plus éloignés de la Chine; mais, se reproduisant sans peine en captivité, il est gardé dans beaucoup de volières publiques et privées du monde entier. pendant sa parade, le mâle magnifique court rapidement autour de la poule de couleur brun foncé; toutes les 2 à 3 secondes, il s'arrête et lui fait face, la capeline de plumes lâches qui enveloppe son cou s'étendent en un vaste éventail d'anneaux concentriques noirs et orangés qui dissimule toute sa tête sauf son œil et sa crête soyeuse et dorée; il fait basculer son corps pour exhiber le vert et le jaune lustrés de son dos, et il déploie sa queue pour étale les plumes à tête rouge à ses côtés. il tente au cours de ces pauses de se placer de façon que son œil, dont la pupilles noire se dilate et se contracte alternativement au sein de l'iris jaune pâle, plonge droit dans l'œil brun de la femelle. Ce manège peut se poursuivre pendant près de 2 heures, et semble être un prélude indispensable à l'accouplement. Des parades aussi belles et aussi fantastiques caractérisent les mâles de bien d'autres faisans, tandis que le Coq domestique se livre à une parade qui, bien que plus simple, est d'un type similaire à celui du faisan doré : il se pavane autour de la poule favorite, en abaissant l'aile qui est la plus proche d'elle et en soulevant le cou et le corps pour exhiber son plumage.
Le Pigeon domestique commun , dont la technique de séduction est identique à celle de son ancêtre sauvage, la Colombe Biset ou Pigeon de Roche, manifeste le type de parade de séduction dont laquelle la femelle prend une part active. Le mâle court rapidement autour de la femelle, en faisant des courbettes et en roucoulant, son cou brillamment irisé se gonflant, sa queue étant étalée et balayant le sol tandis qu'il charge sa fiancée. Si elle est sensible à ces avances, elle y répond en déployant à son tour sa queue, en ouvrant à demi ses ailes aux épaules et en hochant la tête avec passion et servilité. A ce moment, ou peu après, le mâle prend une posture semblable. les 2 oiseaux se becquètent alors derrière leurs ailes repliées et, lorsque le mâle pousse une nouvelle fois la tête en avant, il ouvre un large bec. la femelle se blottit alors contre lui et introduit son bec dans celui du mâle. Leurs becs ainsi enlacés, ils hochent la tête et se "pompent" le jabot d'une manière semblable, en bien moins marqué, à celle par laquelle ils nourrissent leurs petits, quoiqu'aucune nourriture ne soit transmise en l'occurrence. la femelle retire alors son bec et l'accouplement se produit, après quoi les oiseaux prennent leur essor pour un vol fait d'une exhibition de battements d'ailes et de vols planés , ou bien ils se pavanent l'un derrière l'autre en prenant des poses avec leur queue et leurs ailes à demi étalées. Comme l'a démontré le Prof. C.O. Whitman, un pigeon reconnaît le sexe d'un autre pigeon rien qu'à la manière dont il réagit à une parade sexuelle ou guerrière, ce qui est également vrai de bien d'autres oiseaux chez lesquels les sexes sont de teintes semblables.
Certains oiseaux, tels que le Tétras-lyre et le Combattant, se livrent à des parades en commun. Chez de telles espèces, les mâles s'assemblent pour parader en des lieux de réunion traditionnels où les femelles se rendent quand elles sont prêtes à se chercher un compagnon ( il faut remarquer cependant que, même chez ces oiseaux, chaque mâle s'arrange en général pour acquérir et conserver un petit territoire privé au sein de la place de parade ). dans ces espèces, les rapports entres les 2 sexes ont d'ordinaire un caractère confus et éphémère, et le mâle ne participe nullement au soin des œufs et des jeunes. Ces parades en commun semblent être une forme exagérée du comportement d'espèces nichant en société, comme les mouettes, chez lesquelles la parade sexuelle d'un groupe stimule en général les oiseaux voisins à se comporter de même. Et, même chez les espèces qui nichent isolément, il y a souvent une tendance chez les oiseaux à se réunir par bandes pour la parade.
une alimentation de séduction, qui se manifeste par l'offrande de nourriture à la femelle, s'observe dans beaucoup d'espèces appartenant à des groupes très éloignés. Dans certains cas, comme chez les Corneilles, cette coutume peut être universellement adoptée dans toute la famille; dans d'autres, comme chez les Faisans, elle peut être limitée à quelques rares espèces, D'ordinaire le mâle offre son présent en poussant des notes semblables à celle dont il se sert lorsqu'il nourrit ses jeunes, et la femelle peut le supplier de le faire par des cris et des postures d'oisillon mendiant de la nourriture.
Des parades guerrières entre représentants d'une même espèce jouent un rôle de premier plan dans la vie de beaucoup d'oiseaux. Il est nettement avantageux pour une espèce que des rixes oiseuses et meurtrières entre leurs membres. des combats féroces et mortels se produisent parfois entre oiseaux, mais ils sont beaucoup moins fréquents que les guerres des nerfs faites de menaces et de fanfaronnades et se terminent par une victoire sans effusion de sang. Les ornements du plumage peuvent être utilisés soit dans les parades amoureuses, soit dans les parades guerrières, soit dans les 2 . ainsi les longues plumes luisantes du camail du Coq domestique forment une part prépondérante de l'ensemble qu'il déploie aux yeux de la poule, mais elles sont hérissées d'une manière bien plus frappante quand le mâle défie un rival; on a démontré que la gorge rouge du Rouge-Gorge ne sert qu'aux parades guerrières, et la capeline du faisan doré n'est utilisées par contre que pour la séduction. parmi les oiseaux, chez qui les 2 sexes sont semblables, les parades sexuelle et combative peuvent être très semblables. La parade à laquelle se livre le pigeon mâle en amour se transforme d'ordinaire en agression, si l'oiseau devant lequel il exécute son numéro ne manifeste pas des réactions appropriées de femelle, et, dans certaines espèces, comme chez le Pigeon colombin et le Pigeon ramier, les mâles qui se battent font continuellement entre les rounds des courbettes et déploient leur queue comme dans la parade sexuelle.

Des parades agressives envers des ennemis appartenant à une autre espèce peuvent être semblables à celle qui se manifeste vis-à-vis des congénères, mais elles sont d'ordinaire plus généralisées et c'est souvent la peur qui est, nettement, l'émotion sous-jacente. Les pigeons, par exemple, se livrent à une manœuvre d'intimidation en gonflant leurs plumes, en étalant leur queue et en soulevant l'aile distante d'une manière menaçante, tandis qu'ils essayent de frapper leur adversaire au moyen de l'autre. Mais dans ses formes extrêmes, cette parade trahit l'interférence d'un instinct de fuite, à peine dominé. Chez les pigeons domestiques ou les pigeons sauvages en captivité, elle est utilisée par les oiseaux nerveux, quand on approche la main de leur nid ( s'ils trouvent le courage de ne pas abandonner leurs œufs! ), mais non par les oiseaux parfaitement apprivoisés, qui ne craignent pas leur maître et qui attaquent la main intruse avec beaucoup moins d'hystérie. Plus d'un écolier dénicheur aura été saisi par le sifflement explosé par lequel la Mésange charbonnière en train de couver, accueille la main qui s'approche de son nid; et, aussi préparé que je fusse à une pareille exhibition, j'ai presque eu les nerfs mis en vif quand, recueillant un jeune Engoulevent, sa tête sembla se fendre en deux lorsqu'il ouvrit un large bec, révélant une énorme gueule rose et poussant un bruyant sifflement de serpents. De telles manœuvres peuvent être très efficaces vis-vis d'ennemis naturels. j'ai vu un Faucon Lanier s'envoler, apparemment effrayé,, quand un Œdicnème criard sur lequel il fonçait gonfla soudain ses plumes, étendit ses ailes et sa queue et se dressa vers le rapace en poussant un cri déchirant; et j'ai vu un faisan doré, s'apprêtant à attaquer un jeune Geai, battre en retraite quand celui-ci lui fit face, toutes plumes dehors et la gueule grande ouverte.
Celui qui observe les parades des oiseaux de la manière la plus forfuite ne peut manquer de remarquer les rapports qui unissent les mouvements exécutés et les ornements qu'ils mettent en valeur. Ainsi, les pigeons de couleurs plutôt discrète, des genres Columba et Streptolelia, ont en général des zones brillamment irisées ou des marques blanches et noires, très nettes, sur le cou, qui sont gonflées au cours de la parade de manière à être accentuées. Par contre, le Pigeon Huppé a le cou de couleur terne, mais des marques irisées sur les ailes, et quand cet oiseau parade devant la femelle, il ouvre à demi celle-ci et les tient en avant , quand il fait sa courbette, de manière à exhiber toute la beauté.
Le mécanisme par lequel certaines espèces d'oiseaux ont développé un plumage de parade aussi extravagant que celui exhibé, par exemple, par beaucoup de faisans et de paradisiers, est un problème fascinant. Rien ne permet de croire que la femelle, à supposer qu'elle ait le choix, jette son dévolu sur le plus beau mâle et le choisi comme compagnon, mais l'observation de nombreuses espèces laisse entendre qu'elle a tendance à préférer celui qui parade de la manière la plus énergique, et il se pourrait bien que dans telles espèces le développement du plumage soit lié, chez le mâle, à sa vitalité.

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